Portes ouvertes à l’Élysée

Portes ouvertes à l’Élysée

Hôtel particulier puis demeure princière et enfin siège de la Présidence de la République, le Palais de l’Élysée a toujours vu battre le cœur de la France.

Palais de l'Elysée - autour de la généalogie

La construction

À l’époque où le faubourg Saint-Honoré n’était encore qu’une vaste étendue de pépinières et de bois, parsemée de quelques chaumières, l’architecte Armand-Claude Mollet y acheta un terrain, situé entre la voie qui menait au village du Roule et le Grand Cours (les Champs-Élysées).

En 1718, il revendit ce terrain à Henri-Louis de la Tour d’Auvergne, comte d’Évreux (1679-1753). Ce petit-neveu du grand Turenne, ami du banquier Law, était immensément riche.

C’est le même Armand-Claude Mollet, neveu de Le Nôtre, contrôleur des bâtiments du Roi et architecte très en vogue, qui édifia sur ce terrain, entre 1718 et 1722, un modèle de l’architecture classique de l’époque : une cour d’honneur majestueuse, un corps de logis double avec un appartement de parade contenant un grand salon en son milieu et un magnifique jardin à la française. L’élégance du lieu répondait au prestige que le comte d’Évreux souhaitait pour sa demeure qui portera le nom d’hôtel d’Évreux pendant tout le XVIIIe siècle. A son achèvement, elle fut considérée comme « la plus belle maison de plaisance des environs de Paris » et lui permit de recevoir les plus illustres hôtes, y compris le Régent et les Princes.

Voici la description de la soirée inaugurale, contée par Jacques Levron : « la réception qui est donnée au Régent est magnifique ; on admire fort les lustres qui étaient du dernier beau, les tableaux, les consoles ouvragées, et tout ce meuble bien digne de la maison de la Tour d’Auvergne ».

Un cadeau royal

Le comte mourut en 1753, à l’âge de 78 ans. Quelques mois plus tard, l’hôtel d’Évreux fut vendu judiciairement, Louis XV l’acheta au comte de Turenne, légataire du comte d’Évreux, pour la somme de 730 000 livres, et le donna à Madame de Pompadour.

Mais elle mourut à son tour d’une pneumonie en 1764, à l’âge de 42 ans. L’hôtel d’Évreux redevint la propriété du roi.

Salon Pompadour - autour de la généalogie

Le Salon Pompadour sert maintenant pour les audiences accordées aux chefs d’États invités.

Le tapis et les sièges sont d’époque Louis XV.

L’hôtel fut destiné, par décision royale, en 1765, à la présentation des tableaux des ports de France commandés par Louis XV à Joseph Vernet. Il fut ensuite transformé en Garde-meuble de la couronne en 1768. Puis le roi le vendit à l’Abbé Terray, son contrôleur général des finances.

Lequel le revendit en 1773 pour un millier de livres à Nicolas Beaujon, banquier et grand spéculateur.

De nombreux acquéreurs

Ce dernier modifia profondément la résidence ainsi que le jardin qui furent complètement transformés par l’Architecte Etienne-Louis Boullé. Beaujon le dota d’un luxe qui dépassait celui de la marquise de Pompadour.

Merry Bromberger a écrit dans son Roman de l’Élysée : « Son lit était une corbeille de roses peintes, un jeu de glaces le faisait s’éveiller le matin dans ses draps de linon au milieu des parterres de fleurs étendus sous ses fenêtres, le soir il se couchait dans une féérie : on éclairait pour enluminer ses rêves les arbres et les statues du parc de feux de bengale, couleur d’or d’infusion. La salle de bains tendue de mousseline à petits bouquets doublés de roses était si ravissante que Mme Vigée Lebrun, venue faire le portrait de Beaujon voulut absolument s’y baigner ».

Après la mort de Beaujon, en 1776, ses richesses furent dispersées aux enchères. Louis XVI devint propriétaire de l’hôtel et l’affecta au séjour des Ambassadeurs extraordinaires à Paris puis le vendit en 1787 à sa cousine, Louise Marie Thérèse Bathilde d’Orléans, duchesse de Bourbon. L’hôtel prit alors le nom d’Élysée-Bourbon et fut partiellement modifié par Pierre-Adrien Pâris.

Après l’arrestation de la Duchesse de Bourbon, en 1793, pendant la Révolution, l’hôtel connu plusieurs affectations : il accueillit la Commission de l’Envoi des lois et l’imprimerie du Bulletin des lois puis fut transformé en dépôt national de meubles provenant des saisies d’émigrés ou de condamnés.

La duchesse de Bourbon ayant été libérée, elle retrouva sa résidence parisienne en 1797 et pour subvenir à ses besoins, mit en location une partie de celle-ci à un négociant du nom d’Hovyn. Dans les années 1800, n’importe quel badaud pouvait y entrer moyennant la modique somme de 20 sous, qui lui permettait d’y passer la journée à danser, déguster des glaces, faire de la balançoire et jouer à des jeux de société.
Les Hovyn achetèrent l’hôtel mais durent le vendre rapidement pour faire face à leurs dettes. Ce fut maréchal de France, prince d’Empire, qui en fut l’acquéreur en 1805.

Salon Murat - autour de la généalogieLe Salon Murat fut réalisé par les architectes Vignon et Thibault. Il accueille aujourd’hui le Conseil des Ministres.

Le Président de la République et le Premier ministre se font face, de chaque côté de la table, sur le grand côté.

Au centre de la table se trouve une pendule qui présente deux cadrans afin que le chef de l’État et le chef du Gouvernement puissent lire l’heure en même temps.

Nommé Roi de Naples en 1808, Murat céda à L’Empereur Napoléon l’ensemble de ses propriétés en France dont l’Élysée, qui portera alors le nom d’Élysée-Napoléon.

L’empereur y résida de 1809 jusqu’à son départ pour la campagne d’Autriche. Après avoir cédé cette demeure à Joséphine lors de son divorce, il reprit possession de l’Élysée en 1812, lequel fut le témoin des dernières heures de l’Empire.

C’est dans le boudoir d’Argent que Napoléon Ier signe son abdication. Il dicte à son frère, avant de se rendre aux Anglais : « Je m’offre en sacrifice à la haine des ennemis de la France. Ma vie politique est terminée et je proclame mon fils, sous le nom de Napoléon II, Empereur des Français. »

L’Aiglon ne régnera que 15 jours.

Par la suite l’Élysée abrita le Tsar Alexandre durant l’occupation de Paris puis fut mis à la disposition du Duc de Wellington en novembre 1815.

En 1816, la résidence entra dans les biens de la couronne et Louis XVIII l’attribua à son neveu, le Duc de Berry.

En 1820, Louis Philippe prit possession du palais qui devint jusqu’en 1848, la résidence des hôtes étrangers en visite à Paris.

Un palais républicain

Pendant le gouvernement provisoire de la IIème République, le Palais prit le nom d’Élysée-National et le 12 décembre 1848, l’Assemblée Nationale assigna par décret l’Élysée-National comme résidence du Président de la République.

Louis Napoléon Bonaparte, Président élu, s’y installa le 20 décembre 1848 et en 1853, il décida de la rénovation complète du palais par un nouvel architecte, Joseph-Eugène Lacroix. Les structures actuelles du palais proviennent pour l’essentiel de cette époque. Les travaux s’achevèrent en 1867.

Cette année là, pour l’exposition universelle, les souverains étrangers dont le Tsar Alexandre II, le sultan de Turquie Abdul-Aziz et l’empereur d’Autriche François-Joseph furent reçus à l’Élysée.

Thiers, président en 1871, y séjourna peu de temps et son successeur, Mac Mahon, élu en 1873, s’y installa définitivement en 1874 après de nouvelles modifications et notamment l’achèvement d’une salle de bal.

Salon des Ambassadeurs - autour de la généalogie

Depuis le Président Mac Mahon, c’est dans le Salon des Ambassadeurs que le Président de la République reçoit les lettres de créance remises par les ambassadeurs étrangers en France.

Le palais présidentiel ne subit pas de transformations architecturales majeures pendant la IIIème République mais il se modernisa.

Salle des Fêtes - autour de la généalogie

Inaugurée par le Président Sadi-Carnot, la Salle des Fêtes accueille les cérémonies officielles, comme les remises de décorations, les dîners d’État et l’Arbre de Noël de l’Élysée.

Fermé entre 1940 et 1946, il retrouva sa fonction présidentielle avec Vincent Auriol qui fit appel à des décorateurs contemporains, Arbus et Leleu.

Le palais présidentiel connaîtra de nouvelles modifications sous la Vème République avec Charles de Gaulle, Georges Pompidou, François Mitterrand et Jacques Chirac.

Chaque année vous pouvez visiter le palais de l’Élysée à l’occasion des Journées européennes du Patrimoine. La découverte de la cour d’honneur et des salons du rez-de-chaussée attire en général plus de 10 000 visiteurs ; il faut donc s’armer de patience pour profiter de l’accès libre à ce symbole de la République.

Le palais présidentiel connaîtra de nouvelles modifications sous la Vème République avecCharles de Gaulle, Georges Pompidou, François Mitterrand et Jacques Chirac.

Chaque année vous pouvez visiter le palais de l’Élysée à l’occasion des Journées européennes du Patrimoine. La découverte de la cour d’honneur et des salons du rez-de-chaussée attire en général plus de 10 000 visiteurs ; il faut donc s’armer de patience pour profiter de l’accès libre à ce symbole de la République.