Les prénoms de Noël : de Saint Nicolas au Père Noël

Les fêtes approchent à grands pas. C’est une période dense, où tout le monde est accaparé par les préparatifs. La célébration de Noël marque les esprits, tant d’un point de vue religieux que profane, et son empreinte est visible jusque dans l’attribution des prénoms. ?

Tous les 6 décembre, plus particulièrement dans l’est de la France, dans le nord et dans de nombreux pays d’Europe, on fête Saint Nicolas également connu sous le nom de Saint Nicolas de Myre ou Saint Nicolas de Bari. Saint Nicolas est le saint patron de la Lorraine et des Lorrains, de la Russie, de la ville de Houilles, des écoliers, des enfants, des marins.

Le père de Nicolas se prénommait Epiphaneus et sa mère Jeanne. Dès les premiers instants de sa vie, l’enfant montra qu’il était prédestiné : lorsqu’on le baptisa, il s’éleva débout, de lui-même, pour recevoir l’eau sainte. Le récit de sa vie est enveloppé de légendes qui reflètent une personnalité généreuse : il aurait par exemple sauvé trois enfants des mains d’un boucher, qui ne saurait être en fait que le Père Fouettard.  Ainsi, la coutume du cadeau aux enfants, discrètement offert la nuit, fut d’abord pratiquée le jour de la Saint Nicolas puis repoussée au 25 décembre pour être davantage rapproché de la naissance de Jésus.

Le prénom Nicolas est issu du grec nikè, qui signifie la victoire, et de laos, le peuple. Il est dérivé du prénom grec Nikolaos, depuis plus de vingt siècles répandu dans toute l’Europe.
Très fréquent dès le Moyen Âge, en France comme en Angleterre ou en Russie, il a subi un peu partout une sorte d’éclipse aux XVIIIe et XIXe siècles, mais a ensuite repris son essor. En France, Nicolas est arrivé en 1980, à la première place du palmarès des prénoms masculins. Il a gardé ce rang plusieurs années de suite, et reste en bonne place. En Angleterre, aux États-Unis et dans plusieurs autres pays, son succès est assez comparable. C’est sans doute la popularité mystérieuse du saint qui est à l’origine de cette belle carrière.

Dérivés : Colas, Colin, Claus, Klaus, Nick, Nickie, Nicol, Nicola, Nicole, Nicolaz, Nicolazig, Nicolette, Colette, Nikita, Nikolaï

papa-noel2Crée en 1821 par le pasteur américain Clément Clarke Moore, le personnage du Père Noël remplaça Saint Nicolas dans le conte qu’il écrivit pour ses enfants. Sur son traîneau tiré par 8 rennes, il en fit un personnage sympathique : dodu, souriant, coiffé d’un bonnet, différent de l’image de Saint Nicolas avec sa crosse, sa mitre et monté sur son âne. C’est en 1931 que le Père Noël prit son aspect définitif, en illustrant la fameuse publicité Coca-Cola.?

Noël coïncide avec la célébration païenne du solstice d’hiver (Sol Invictus, le soleil invaincu) que les chrétiens ont transformé en naissance du Christ (Natalis, nativité). Ce mot a été adopté comme prénom dès le XIe ou XIIe siècle et fut donné aux enfants nés le jour de Noël. Resté en usage régulier, le prénom Noël (ou Noëlle au féminin) n’a jamais connu une grande diffusion. On trouve une grande concentration dans le Nord-Pas-de-Calais, en Seine-Maritime et dans la région parisienne.

Ce prénom s’est transformé en patronyme Noël, Noailles, Noe ou Noue, apparu d’abord en Normandie, puis à partir du XIVe siècle en Poitou et en Bretagne.

Dérivés : Naël, Noal, Noelia, Noëlie, Noëlla, Noëlle, Noëllie, Noëllina, Noëlline, Nadalet, Nadau, Nedeleg, Nel, Nélie, Nella, Nello

Alors si l’un de vos convives autour de votre table se prénomme Nicolas ou Noël, vous saurez les épater en invoquant l’histoire et la signification de leurs prénoms.